De nouveaux ministres lyonnais pour accompagner Gérard Collomb ?


Par Paul Terra
Publié le 20/06/2017  à 18:42
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Les affaires qui entourent le début du quinquennat d’Emmanuel Macron pourraient bien provoquer plus qu’un simple remaniement technique du gouvernement. De quoi ouvrir la porte à des élus de la région, qu’ils soient députés novices en politique ou vieux routiers.

Gérard Collomb en meeting à Villeurbanne
© Tim Douet
Gérard Collomb en meeting à Villeurbanne pour La République En Marche à quatre jours du premier tour des législatives

Bruno Bonnell

Bruno Bonnell et ses mililtants à Villeurbanne, au soir de son élection à l’Assemblée nationale © Antoine Sillières
© Antoine Sillières
Bruno Bonnell et ses mililtants à Villeurbanne le 18 juin 2017.

Vu de Lyon, il a le profil pour entrer au gouvernement. Nouveau venu en politique, il s'est engagé au lancement d'En Marche et compte déjà au nombre des cadres de son parti. Son duel face à Najat Vallaud-Belkacem aux législatives à Villeurbanne l'a propulsé sur le devant de la scène politique. Avant et après sa victoire, il a été invité de toutes les matinales de France. Son parcours de chef d'entreprise plaide aussi pour lui, même si ce statut n'est plus totalement inédit dans une assemblée où ils sont bien plus nombreux que sous la précédente législature. À Lyon, son nom revient pour occuper de hautes fonctions durant le quinquennat. Pionnier de la robotique en France, ses compétences puisées dans la société civile l'orientent vers le numérique ou l'industrie. Mais ces deux portefeuilles ministériels sont déjà attribués. À Bruno Le Maire pour l'économie, qui englobe les questions industrielles, et à Mounir Mahjoubi pour le numérique. Les deux ministres ont remporté leurs circonscriptions aux législatives et ne devraient pas être concernés par le remaniement.

Michel Mercier

David Kimelfeld et Michel Mercier au meeting de La République en Marche, le 7 juin 2017, à Villeurbanne © Tim Douet
© Tim Douet
David Kimelfeld et Michel Mercier à Villeurbanne, le 7 juin 2017.

Il n'incarne pas vraiment le renouveau cher à Emmanuel Macron, mais le sénateur centriste y a participé en coulisses. Il a supervisé, pour le MoDem et avec Gérard Collomb, les investitures aux législatives. C'est lui qui a soufflé le nom de plusieurs députés et appuyé leur candidature : Blandine Brocard dans la 5e circonscription, Thomas Gassilloud dans la 10e ou encore Cyrille Isaac-Sibille dans la 12e. Lors d'un meeting régional de La République en Marche, le ministre de l'Intérieur et maire de Lyon n'a d'ailleurs pas manqué de le remercier. Avec le départ annoncé de Sylvie Goulard et celui probable de Marielle de Sarnez, des postes se sont libérés pour des Modem. Richard Ferrand exfiltré du ministère de la Cohésion des territoires vers le groupe parlementaire de La République en Marche, c'est un portefeuille sur mesure pour Michel Mercier qui s'est libéré. Il l'a d'ailleurs occupé sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, sous son ancienne appellation : l'Aménagement du territoire. Michel Mercier présente aussi l'avantage d'être un centriste influent au Sénat, où Emmanuel Macron n'a ni la majorité ni l'espoir d'en trouver une rapidement.

Patrick Mignola

Patrick Mignola (Modem), vice-président du conseil régional chargé des transports © Tim Douet
© Tim Douet
Patrick Mignola (Modem), vice-président du conseil régional chargé des transports.

L'affaire des assistants parlementaires du Modem pourrait emporter tous les ministres actuels de cette formation politique. Pour les remplacer, ils ne sont plus très nombreux dans le parti de François Bayrou, qui s'est vidé de ses élus depuis 2007. Patrick Mignola, élu député de Savoie dimanche dernier, a l'un des CV les plus imposants : ancien vice-président d'Hervé Gaymard au conseil départemental de Savoie et actuel vice-président de Laurent Wauquiez au conseil régional aurhalpin.

Cédric Villani

Le mathématicien Cédric Villani au meeting d'Emmanuel Macron, le 4 février 2017, au palais des sports de Gerland © Tim Douet
© Tim Douet
Cédric Villani au meeting d'Emmanuel Macron, le 4 février 2017.

Le mathématicien, professeur à l'université Lyon 1, a été très largement élu député de l'Essonne dimanche dernier. “Marcheur” depuis le mois de février, il s'est déclaré soutien d'Emmanuel Macron lors du meeting lyonnais de ce dernier. Son nom ne jurerait pas dans un gouvernement qui a décidé de faire la part belle aux compétences acquises dans la société civile. Il a, en revanche, un handicap de taille : sur ses compétences, la place est prise. Frédérique Vidal est déjà ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Laurence Vichnievsky

L'ancienne juge d'instruction (notamment de l'affaire Elf avec sa consœur Eva Joly, ou de l'affaire Dumas) a été élue, dimanche 18 juin, députée du Puy-de-Dôme. Elle a battu son collègue de la majorité au conseil régional Louis Giscard d'Estaing. Son parcours de magistrate, en pleine loi sur la moralisation de la vie politique, plaide pour elle. Notamment si le garde des Sceaux, François Bayrou, venait à faire ses cartons place Vendôme. Entrée en politique en 2010, Laurence Vichnievsky a régulièrement changé de famille : ni à gauche ni à droite. Elle a d'abord été tête de liste pour Europe Ecologie-Les Verts en Paca, et elle a ensuite rebondi en Auvergne-Rhône-Alpes sur les listes de Laurent Wauquiez.

 

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Vos réactions
1 commentaire

Si G. Collomb rempile comme ministre de l'intérieur, il devra quitter ses mandats locaux (mairie, métropole). Un crève cœur pour fervent cumulard.
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Signaler un abus | le 20/06/2017  à 19:16 | Posté par  Kasneh  

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