Cantonales : à quoi bon voter ?


Par Raphaël Ruffier-Fossoul
Publié le 07/03/2008  à 12:54
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Cantonales : à quoi bon voter ?

Amateurs de cuisine, les élections cantonales du Rhône devraient vous plaire.

Théoriquement, ces élections sont sensées déterminer la politique du Département, et donc tout ce qui concerne les collèges, les routes, les transports en commun, les personnes âgées, les handicapés, l’aide aux familles, la protection de l’enfance... Des problématiques très sociales, qui touchent de près au quotidien des rhodaniens.
Mais de tout cela, on ne parlera pas. Aucun parti ne s’est fatigué à rédiger un projet et à le présenter aux électeurs. Pourquoi faire ? Au final, ce ne sont pas eux qui décident. Il leur est juste demandé de voter “à la gueule du client", pour un conseiller général. Le reste, Michel Mercier s’en occupe à leur place...
C’est là où on entre dans la cuisine. Une bonne démocratie suppose que les électeurs aient le choix. Michel Mercier (UDF) est président du Conseil Général. Certains peuvent souhaiter qu’il le reste, d’autres qu’il s’en aille. Normalement, en votant pour son parti, on le soutient, en votant pour l’opposition, on vote pour une alternative... Eh bien non ! Pas dans le département du Rhône ! À Lyon, Mercier ne soutient d’ailleurs même pas les candidats de son parti. Il ne les a pas choisi et ne veut pas être associé à leur probable défaite. Car sa réélection ne dépend pas du vote des électeurs pour sa formation, mais des alliances de couloir qu’il parviendra à nouer, soit avec l’UMP, soit avec le PS. Et cela semble assez bien engagé pour Mercier. Le chef de “l’opposition" actuelle, Bernard Rivalta (PS), a annoncé qu’il pourrait voter Mercier pour la présidence du Conseil Général... En échange, Rivalta espère le soutien de Mercier pour conserver la présidence du Sytral, l’organisme de tutelle des TCL. Outre la politique sociale du département, c’est donc toute la politique de transports en commun qui échappe au choix des électeurs, pour se décider dans des négociations de couloirs.
En face, l’UMP est actuellement alliée de Mercier, et souhaiterait le rester pour négocier en échange le soutien du Modem à un candidat UMP à la présidence du Grand Lyon. Contrairement aux électeurs, Mercier aura donc l’embarras du choix. Même celui de ne pas se présenter pour prendre la mairie de Thizy, où il est candidat. Ou peut-être de se consacrer à un ministère, puisqu’on le dit sarko-compatible. On est heureux pour lui. Moins pour la démocratie cantonale, qui vire à la parodie.

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