Un franco-turc de Lyon jugé pour l'attentat du Nouvel An à Istanbul


Par Mathilde Régis
Publié le 09/12/2017  à 16:22
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Tandis que le procès d'un réseau djihadiste de 57 personnes s'ouvre ce lundi en Turquie, le frère de l'un des deux accusés français, contacté par Lyon Capitale, témoigne d'une famille encore "sous le choc" et en attente de preuves concernant l'implication de l'accusé de 22 ans dans l'attaque survenue la nuit du 1er janvier 2017.

Le parvis de la devanture de la discothèque Reina, à Istanbul, visée par un attentat dans la nuit du 31 décembre 2016
YASIN AKGUL / AFP
Le parvis de la devanture de la discothèque Reina, à Istanbul, visée par un attentat dans la nuit du 31 décembre 2016

Sous le feu d'un ressortissant ouzbek, 39 personnes ont perdu la vie peu après avoir célébré la nouvelle année dans la boîte de nuit la Reina à Istanbul. Après plusieurs semaines de traque, le tueur, qui avait tenté de mettre fin à ses jours en déclenchant une grenade antiémeute à son visage, sera arrêté par la police turque dans un appartement de la banlieue d'Istanbul. Il sera jugé ce lundi, ainsi que 56 autres personnes suspectées d'appartenir au réseau djihadiste qui a organisé l'attaque revendiquée par l’État islamique. Le commanditaire direct de l'attaque, un djihadiste russe, était particulièrement actif et bien placé au sein de l'organe de propagande russophone de l'organisation terroriste.

Sur le banc des accusés, parmi des ressortissants chinois, turcs, kirghizes, tadjiks, russes, égyptiens ou somaliens, un franco-turc de 22 ans qui a vécu dans l'agglomération de Lyon. Présenté comme un des cerveaux de l'opération, il aurait été arrêté en possession du bail de l'appartement où le tireur de la discothèque s'était réfugié. Contacté par Lyon Capitale, son frère indique attendre le jugement depuis le mois de janvier dernier afin d'avoir les preuves de l'implication de son frère, qui n'aurait selon lui "rien à voir avec les groupes salafistes" mais qui aurait éprouvé, déjà en France, une certaine sympathie à l'égard de l’État Islamique.

"Mon frère, il n'y connait rien" 

"Jusqu'à maintenant, je pensais qu'il était au mauvais endroit au mauvais moment et que c'est pour cela qu'il avait été arrêté. Lorsque nous avons eu des perquisitions ici quelques semaines après l'attaque, nous avons cru aux accusations contre lui. Mais après avoir échangé de nouveau avec lui et avec son avocat commis d'office quelques mois plus tard, les choses ont changé" explique-t-il. À son départ en Turquie, il aurait indiqué à sa famille partir pour des vacances dans son pays d'origine. "Mon frère est quelqu'un qui change très vite d'avis et il a dit à la famille qu'il voulait prolonger son séjour. Il faisait de l'auto-stop et il est monté dans une voiture avec des gens qu'il ne connaissait pas. Arrivée à un barrage de contrôle, il a été embarqué avec les autres passagers qui étaient des personnes recherchées par la police" raconte-t-il. Selon le journal Le Monde, l'acte d'accusation présente le suspect comme un coorganisateur de l'attaque, mais "ne s'étend pas en détail sur [son] rôle dans l'opération" ainsi que sur celui de l'autre Française sur le banc des accusées, qui n'est autre que l'une des épouses de l'auteur de l'attaque.

L'épouse et les enfants du suspect lyonnais étaient également partis en Turquie avant de rentrer en France et d'être soutenus depuis par sa famille, "toujours sous le choc et dans la douleur" de l'attentat et des annonces qui l'ont suivi. "Mon frère, c'est quelqu'un qui a fait à peine le collège et je ne l'ai jamais vu lire un bouquin. Il n'y connaît rien. S'il a pu penser des choses pareilles, c'est ce qu'il entend sur internet et son entourage : ce qu'il se passe autour de nous. C'est vrai que la plus grosse faute, c'est la famille. Parce qu'on l'a laissé un peu tranquille, on s'est dit ça y est, il est majeur, il va pouvoir prendre ses décisions lui-même. Et que ce soit en France ou dans un autre pays, au bout d'un certain âge, on ne peut pas bloquer la personne" regrette son frère, qui attend le jugement depuis le mois de janvier afin de connaître les éléments de preuves qui seront présentés lors de ce procès. 

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