Procès Iacono : “À une période, j’en ai voulu à Gabriel”


Par Christelle Monteagudo
Publié le 16/03/2015  à 17:10
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“Cela fait quinze ans que j’y pense.” Christian Iacono s’est longuement exprimé sur l’affaire en ce premier jour d’audience de son procès en révision, devant la cour d’appel du Rhône. Il est soupçonné de viols et de sévices sexuels sur son petit-fils, Gabriel. Celui-ci s’est, depuis 2011, rétracté.

 

Christian Iacono, tout juste âgé de 80 ans, présente toujours bien, comme le souligne le président Bréjoux. Svelte, il porte un costume sombre, une chemise à rayures et une cravate grise. "Une personnalité appréciée, respectée, admirée", observe André Roy, l’enquêteur de personnalité.

Une histoire familiale qui “n’est pas facile”

À la faveur d’une question du président, l’ancien maire de Vence, accusé de viol et de sévices sexuels sur son petit-fils, a pu parler longuement de la rétractation de Gabriel, en mai 2011. Le président s’engouffre dans la brèche et le relance, posément : "Pourquoi, selon vous, Gabriel a menti ?"

"On pense à tout, dans ces cas-là. En 1998, ses parents divorcent, il était très perturbé. Il était très touché par le conflit entre mon fils et moi-même. Il avait une difficulté pour comprendre la position de son père et la mienne", explique Christian Iacono, qui a toujours nié les faits.

“C’est vrai que vous aviez un conflit sévère ? renchérit le président.

L’histoire familiale n’est pas facile. Quand Gabriel est né, cela nous a rapprochés. Mais, avec mon épouse, on a constaté qu’il avait des gestes très durs avec l’enfant. Cet enfant était malheureux", explique Christian Iacono pour expliquer la procédure judiciaire qu’il engage pour obtenir un droit de visite sur Gabriel. "Je crois que cela a été une erreur, estime-t-il aujourd’hui. Mon fils l’a très mal pris, cette procédure a aggravé les choses."

En juillet 2000, lorsqu’il est mis en examen, Christian Iacono admet une première pensée : "Ils sont fous !" À l’époque, il explique les dires de son petit-fils par le divorce de ses parents :

“Ils ont "adultifié" un enfant de 9 ans. C’est lui qui nous a révélé la séparation de ses parents.

– Comment expliquez-vous que Gabriel maintient ses propos ?” relance M. Bréjoux.

“Il est difficile pour un enfant d’avouer qu’il a menti”

“Il était entouré d’avocats et des parents, enchaîne Christian Iacono, visiblement ému de pouvoir autant s’exprimer pour ce premier jour de procès. Pour un enfant, dire publiquement “j’ai menti”, c’est difficile. Il avait peur de passer pour un menteur, suggère-t-il. Sa mère lui faisait raconter à tout le monde son histoire. Cela rentre dans la tête de l’enfant. Un célèbre psychologue [il ne précise pas le nom, NdlR] m’a dit qu’à l’adolescence il ne pourrait pas le supporter et il le dirait. Bon, cela a pris un peu plus de temps”, sourit même Christian Iacono.

Dans son récit, le prénom Gabriel est quasi absent. Comme un réflexe de défense que Christian Iacono continue à observer. Cette attitude a été relevée par une psychologue, Anne Gaud-Fremond. Pour l'expliquer, l'accusé admet : "Il y a une période où j'en voulais beaucoup à Gabriel. J'avais même honte d'approcher un enfant." Aujourd'hui, le pardon paraît encore difficile.

Et puis – le président le soulève volontiers –, cette affaire est caractérisée par la relation extrêmement tendue entre Christian Iacono et son fils Philippe. "Pourquoi cette haine du père ?" avance-t-il d'ailleurs, connaissant sans doute l'explication, ou du moins en partie.

Face à ce témoignage, Gabriel Iacono a écouté, attentif, parfois un peu nerveux. L’angoisse, elle, est toujours présente, avec l’attente de son propre témoignage prévu mercredi matin.

 

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