Le musée des Tissus proche de “mettre la clef sous la porte”


Par Justin Boche, Tim Douet
Publié le 07/10/2017  à 12:23
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Région, Ville, Métropole de Lyon et CCI n'ont pas réussi à se mettre d'accord, ce vendredi, pour valider une solution de sauvetage du musée des Tissus, lors de la dernière réunion du comité de pilotage. Dans l'impasse, Emmanuel Imberton, le président de la CCI, se laisse le week-end pour réfléchir et explique que le musée pourrait “mettre la clef sous la porte”.

Emmanuel Imberton, président de la CCI, à la préfecture du Rhône le 4 novembre 2016 © Tim Douet
© Tim Douet
Emmanuel Imberton.

La tension était palpable ce vendredi soir, à la sortie de la salle Jacquard, sous les dorures du palais de la Bourse où siège la CCI Lyon Métropole. Après plus d'une heure et demie de réunion du comité de pilotage pour l’avenir des musées des Tissus et des Arts décoratifs, Emmanuel Imberton, le président, sort. Les échanges ont été houleux et il invite les journalistes présents à l'accompagner dans son bureau pour livrer les conclusions du dernier comité. Une manière habile et non dissimulée de laisser les autres participants partir sans avoir à faire de déclaration à la presse. “Ils n'ont pas envie de parler”, se justifie le président de la CCI. Dans son bureau, ce dernier affiche une mine grave.

Projet contre projet

Après trois ans de discussions, d’études, d’analyses, de projections... Force est de constater que nous avons échoué ; nous ne sommes pas parvenus collectivement à un consensus sur une solution réaliste mais ambitieuse pour l’avenir de ces musées”, débute Emmanuel Imberton. Durant la réunion, deux projets se sont fait face. Celui de la Ville et de la Métropole de Lyon, présenté en milieu de semaine, qui prévoyait la vente d'un des deux hôtels particuliers du musée pour financer la restauration de l'autre Hôtel. Une solution qui passait aussi par la création d'un projet culturel et scientifique pour le musée. Face au plan de la Ville, la Région souhaite investir massivement – 10 millions d'euros en investissement et 1 million d'euros par an en fonctionnement - pour sauver le musée. Un projet qui prévoit aussi “des espaces d’événementiels pour accueillir des événements publics ou privés”, “un écosystème d’acteurs culturels, scientifiques, économiques, français et internationaux” et “un projet urbain ouvert sur la ville, proposant restauration, boutiques, show-rooms, terrasses et jardin”.

“On raisonne avec le couteau dans les reins”

Les deux collectivités ne se sont cependant pas mises d'accord. “Je regrette très amèrement que sur un sujet patrimonial aussi emblématique pour Lyon, capitale mondiale de la soie, un consensus n’ait pu être trouvé”, a déploré Emmanuel Imberton. Si celui-ci a admis “que les projets ne sont pas si éloignés que ça”, il a tout même confié “qu'ils pourraient être rapprochés, mais ne le sont pas encore”. Principal point de crispation, la vente d'un des deux hôtels particuliers. Ville et Métropole étaient prêtes à le vendre à un partenaire privé. Pas question pour la CCI. “S’il devait y avoir une vente, ce sera à un partenaire public qui aura la mission de conserver les œuvres. La CCI n'imagine pas vendre pour une opération privée”, a affirmé son président .

“La nuit porte conseil, mais il se peut que lundi, le musée mette la clef sous la porte”

Croisé à la fin de la réunion, Georges Képénékian, le maire de Lyon, a confié à Lyon Capitale que les différents protagonistes “ne se sont pas encore convaincus les uns les autres ”. “La Région n'est pas si loin de la vision que l'on propose”, a-t-il poursuivi. Cependant, il ne comprend pas pourquoi c’est le choix du projet de la Région qui recueille, pour le moment, l’attention des différents acteurs : “On raisonne avec le couteau dans les reins. Peut-être que notre projet a besoin d'être affiné, mais le projet retenu aujourd'hui n'est pas culturel et scientifique. C'est un projet de financement et de rachat pour résoudre la question budgétaire. Cela ne résoudra pas le problème à long terme. Il y a plus de quatre ans de travaux à imaginer. L'Etat et la CCI arrêterons leurs subventions dans quatre ans. Si on n'a pas trouvé de solutions d'ici-là, avec des participations intelligentes au sein d'un Groupement d'intérêt public (GIP) composé d'acteurs privés, on se retrouvera dans le mur dans cinq ans”, a-t-il affirmé.

Du côté de la Région, Étienne Blanc, le premier vice-président, n'a pas souhaité faire de commentaires à la sortie du comité de pilotage. Emmanuel Imberton assure, lui, qu'il n'y aura pas d'autres réunions : “Ça fait déjà deux ans et demi que l'on fait des réunions. On a dépassé la date limite”. Le président de la CCI se laisse le week-end pour prendre une décision. “La nuit porte conseil, mais il se peut que lundi, le musée mette la clef sous la porte.

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