Festival : les Micro Mondes du TNG favorisent l’immersion


Par Caïn Marchenoir
Publié le 14/11/2017  à 15:03
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Pour sa 4e édition, le festival Micro Mondes déploie sur les deux sites du TNG son étonnante palette de spectacles et de performances. Avec une volonté accrue d’innovation et de singularité.

“Je suis la bête”, de Pierre Badaroux © Victor Moati (photo de répétition)
© Victor Moati (photo de répétition)
Pierre Badaroux / “Je suis la bête”.

Quand la technologie nous fait plonger

Micro Mondes est un festival imaginé par l’équipe du TNG, proposant des spectacles, installations ou performances qui offrent une expérience singulière, à vivre au cœur de dispositifs scéniques favorisant l’immersion. Une façon de plonger au sein d’univers artistiques particuliers, souvent conçus grâce à l’utilisation de nouvelles technologies. Destinée à tous les publics, la programmation de Micro Mondes s’appuie sur la création contemporaine européenne ainsi que sur des artistes de notre région. Cette 4e édition offre une orientation particulière sur différents travaux sur le son. Parmi les nombreux spectacles proposés, on note Je suis la bête, de Pierre Badaroux, un conte sonore où l’imaginaire est stimulé par différents bruits naturels ou reconstitués, ou encore Bocaléotype de Clément Arnaud et Rodolphe Brun, une installation faite de différents bocaux dont le contenu évoque avec précision différentes époques. Une véritable machine pérecquienne à remonter le temps. Et bien sûr l’Artefact du patron du TNG.

Objet théâtral non identifié

Artefact, de Joris Mathieu © Nicolas Boudier
© Nicolas Boudier
Artefact.

Il est rare qu’un metteur en scène ne revendique pas l’originalité, la singularité du spectacle qu’il présente. Cette revendication n’est, hélas, pas tout le temps fondée. Mais elle l’est entièrement en ce qui concerne la dernière création de Joris Mathieu, le patron du Théâtre Nouvelle Génération. Artefact est réellement un objet théâtral non identifié. Ne serait-ce que parce que aucun comédien n’est présent sur la scène ! D’ailleurs, il n’y a pas vraiment de scène, du moins dans le sens habituel du terme. De fait, Artefact est une “installation-spectacle”. C’est un dispositif au sein duquel sont invités à déambuler quelques dizaines de spectateurs (à partir de 14 ans), casque vissé sur la tête. Dans différentes pièces, on se trouve confronté à un monde étrange, tout à fait déroutant. Le parti pris de Joris Mathieu et de son équipe est en effet de reconstituer un spectacle théâtral qui aurait pu être conçu par une intelligence artificielle, une “machine qui se rêve humaine” et, à sa manière, recycle les grands auteurs que ses logiciels ont absorbés. Sous nos yeux, se met en branle toute une galaxie constituée d’imprimantes 3D, de bras robotiques, de voix et d’images numériques où l’humain brille par son absence. À la fois fasciné et apeuré par cette étrange machinerie, chacun mesure les dangers d’un modernisme triomphant dont l’homme a été éliminé. Impressionnant !

Micro Mondes – Du 14 au 25 novembre, au TNG et aux Ateliers
Artefact – Du 16 au 24 novembre

 

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