Lyon: un jeune orchestre de banlieue pour changer l’image du classique


Par Lucas Larcher
Publié le 14/12/2017  à 14:05
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Pendant 3 ans, 120 enfants issus de familles défavorisées de l’agglomération lyonnaise vont suivre des cours dispensés par des musiciens professionnels de l’Orchestre National de Lyon avec le projet Démos. Et peut-être se découvrir une passion.

Les enfants reçoivent leurs instruments
©Lucas LARCHER
Curiosité et fascination face aux instruments

Rompre avec l’image élitiste de la musique classique, c’est l’ambitieux défi de Démos. Ce projet, porté par la Philharmonie de Paris permet à des enfants de 7 à 14 ans venant de quartiers populaires de suivre les enseignements de musiciens professionnels. A Lyon, 120 enfants sont concernés par le projet. Ils sont originaires des 3eme, 7eme, 8eme et 9eme arrondissements de Lyon, mais aussi des communes de Bron, Décines-Charpieu, Givors et Vaulx-en-Velin.

En partenariat avec les écoles, municipalités et structures sociales de leur quartier, ces 8 groupes de 15 élèves se sont vus attribuer une famille musicale (corde, vent, cuivre). Chaque enfant pourra ensuite découvrir et s’approprier un instrument de cette famille, dont il sera responsable.

Après de nombreux cours et répétitions générales, les élèves seront capables de constituer un véritable orchestre et de se produire en concert. Sous la direction attentionnée de Maxime Tortelier, talentueux chef d’orchestre, les enfants se lancent dans un projet d’une durée de 3 ans. Le financement annuel de cet orchestre s’élève à 279 024 euros, assumé par l’État (27%), le territoire (35%), et le mécénat national (34%).

L’histoire du projet

Distribution des instruments de musique aux enfants de l'orchestre Démos de la Métropole de Lyon
©Lucas LARCHER
Les instruments attendent leur distribution

Sous le nom "Démos" se trouve le Dispositif d’éducation musicale et orchestrale à vocation sociale. Son but est de développer l’intérêt et la pratique de la musique classique chez les jeunes enfants de quartiers urbains défavorisés ou de communes rurales excentrées. Pour Laurent Bayle, directeur de la Cité de la Musique, les orchestres Démos sont avant tout le moyen de "partager le genre classique" à des enfants qui ne possèdent pas encore d’opinion dessus. Un moyen de lutter contre les stéréotypes attribués à la musique classique, et de rompre avec "un prestige qui ne regarde que lui-même".

Le projet Démos voit le jour en 2010 et connaît une première phase jusqu’en 2015. Pendant cette période, 8 orchestres sont créés en Île-de-France, dans l’Aisne et en Isère. Au vu des résultats de cette première expérimentation, la barre fut placée encore plus haut, avec un objectif de 30 orchestres d’ici à 2019. Fin 2017, ce cap est déjà atteint selon Laurent Bayle. 18 orchestres Démos sont repartis en Île-de-France, et 12 autres sur l’ensemble du territoire français, même en Outre-Mer (La Guadeloupe et La Réunion en compte chacune 1).

Apprendre la musique différemment

L'hymne de Démos est une chanson de marin
©Lucas LARCHER
"Encore et hop !"

Pas de solfège dans les orchestres Démos, du moins au début. Accompagnés par deux musiciens professionnels de l’Orchestre National de Lyon, les enfants apprennent d’abord la musique à l’état originel de rythme et de mélodie. Les élèves ont ainsi commencé les cours de chant depuis fin octobre. Ils sont également amenés à découvrir progressivement les instruments variés de la famille qui leur est attribuée.

En janvier, ils recevront chacun un instrument, en fonction des besoins de l’orchestre mais aussi de leurs préférences personnelles. Progressivement, à raison de 4h de cours par semaine, ils apprendront à le prendre en main puis à en jouer. Cet instrument leur est ensuite confié. Les enfants en sont responsables, ils doivent veiller à son entretien. Un lien fort finit par se tisser, l’instrument est autant l’objet de fierté que de curiosité pour son propriétaire.

Par la reproduction des gestes de leurs professeurs, les enfants apprendront progressivement un répertoire musical, tant empreint des grands classiques que de compositions plus récentes, issus du cinéma par exemple. L’apprentissage du solfège débutera ensuite lors de la 2e année de leur parcours.

Préparer l’avenir

Un enfant de Démos s'est entiché d'une trompette
©Lucas LARCHER
Certains s'y voient déjà

Le but ultime du projet Démos est "l’émancipation des enfants de milieux populaires par la musique" et la "démocratisation culturelle". Selon Myriam Picot, vice-présidente déléguée à la culture de la Métropole de Lyon, ces orchestres permettent de "construire l’avenir de l’élève", en favorisant une possible orientation future vers la musique. Une motivation qui se vérifie dans les faits. Selon Démos, 50% des élèves intègrent une école de musique ou un conservatoire à la fin du programme. Le projet se fixe désormais un nouveau cap national, le développement d’une centaine d’orchestres d’ici 2020/2022. 

Rendez-vous le 3 juin 2018, date du concert de clôture de cette première saison de l’orchestre Démos lyonnais pour en découvrir le résultat, sans fausses notes espérons-le, tout comme leurs camarades parisiens.

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Vos réactions
1 commentaire

c'est un bon projet

Signaler un abus | le 15/12/2017  à 17:00 | Posté par  mirelle  
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