116art : LA galerie de Villefranche


Par Stani Chaine
Publié le 05/07/2013  à 08:04
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Mais qu’allaient-ils donc faire dans cette galère ? Un pied de nez à la crise, sans doute. En effet, cinq ans que Jean-Marc Révy a ouvert une galerie d’art contemporain derrière la gare de Villefranche-sur-Saône, et ça marche !

Pourquoi “116art” ? Parce que ça se situe 116 route de Frans. Vous connaissez ? C’est à Villefranche-sur-Saône et c’est une galerie d’art contemporain. Elle compte déjà cinq années d’existence et les fête allègrement autour d’une équipe d’une quinzaine de plasticiens de grande qualité, d’horizons, de techniques, de générations et de parcours très divers. Cette exposition collective célèbre l’événement jusqu’au 13 juillet et procure un vrai plaisir dans un grouillement créatif et convivial.

“Crisis, what else ?”

Ils sont donc quinze à présenter une œuvre pour fêter cet anniversaire autour du titre : “Crisis, what else ?” Loin d’une crise de création en tout cas. Tandis que les Veilleurs d’Yves Henri guettent comme sur le MAC, Gérard Mathie, après sa superbe rétrospective et son livre-catalogue désormais référence incontournable,  poursuit son exploration du corps féminin – ici mis en boîte, épinglé pour révéler toutes les dimensions de l’activité humaine – mêlant photographie et mots, concept, érotisme, humour et cruauté.

Des “ouvrages de dames” offensifs

 

Par ailleurs, chacune à leur manière, trois artistes détournent avec acuité de traditionnels “ouvrages de dames” qui deviennent des armes offensives, remarquables de conception et de technicité. La jeune et prometteuse Noémie Huard met sous cloche des éponges délicatement ciselées en guise de pied de nez aux intempéries, alors que l’on connaît habituellement son travail de graveuse. Frédérique Fleury mène aussi une sorte de combat féministe, avec humour et exactitude, en mêlant jeu de mots pour les titres, céramique, grès émaillé et toile pour constituer des objets polysémiques qui analysent la condition humaine, notamment sociale. Tout aussi politique, Dominique Torrente présente une œuvre pertinente et efficace, radicale : un punching-ball façon tapisserie, soigneusement brodé de mots évocateurs tels que “trader”, “stock option”, “money” ou “bankable” sur lesquels allègrement se défouler.

Ça vaut le coup d’acheter un plan de Villefranche

La dérision, dans cette expo, est donc souvent présente, mais ne cache rien de regards aigus sur la situation du monde et de la condition humaine. Madame la conservateure du musée Paul-Dini n’a encore jamais mis les pieds au 116art. Manque de temps ? Mépris officiel habituel ? Incompétence ? (Non, ne me dites tout de même pas que ce serait la même chose… ?) Ou perte du plan de la mégapole Villefranche ? Un lieu pourtant bien fréquentable.

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Les artistes de la galerie : Noémie Huard, Mireï L.R, Ariane Thézé, Frédérique Fleury, Nadine LahoQuilez, Jean-Yves Pebnnec, Marc Pessin, Julie Sorrel, Anne Mangeot, Jean-Luc Bari, Yves Henri, Gérard Mathie,, Dominique Torrente, Sylvie Dupin, Patrice Ferrasse.

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Le 116 art. 116 route de Frans (derrière la gare), Villefranche.

www.galeriele116art.com

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