Dyptik, Dans l’engrenage : Corps en révolte à la Maison de la danse


Par Aurélie Mathieu
Publié le 11/10/2017  à 11:49
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Artistes associés à la Maison de la danse, dont ils foulent pour la première fois le plateau, les danseurs de la compagnie Dyptik débarquent avec un hip-hop sous haute tension, expérimentant de manière très physique notre capacité de révolte.

“Dans l’engrenage” de la compagnie Dyptik – Chorégraphie Souhail Marchiche et Mehdi Meghari © Rä2
© Rä2
Cie Dyptik / Dans l’engrenage.

Créée en 2012, Dyptik est une compagnie stéphanoise menée par deux chorégraphes, Souhail Marchiche et Mehdi Meghari, anciens danseurs de Melting Force. Véritablement ancrée sur son territoire, disposant d’un lieu de création, de formation et de rencontres avec public et compagnies de danse, elle développe de nombreuses actions culturelles, notamment dans les écoles et les musées. Elle a également créé Trax, un important festival de danse qui verra sa 5e édition en 2018.

Refus d’un monde apeuré

À Lyon, les chorégraphes présentent Dans l’engrenage, qui exprime leur travail autour de l’identité et du rapport de l’individu au groupe, tout autant que leur refus d’un monde apeuré qu’il ne serait plus possible de changer ou de bâtir autrement. “Cette pièce est la poursuite de la réflexion sur les révoltes des peuples que nous avons menée dans le cadre de D-Construction, créée en 2016, dit Souhail Marchiche. Il s’agissait d’une proposition pour des espaces autres que le théâtre, comme des musées, ou des friches. Nous avions travaillé avec des mises en situation autour de la capacité à se révolter, en dansant à l’intérieur du public et en l’impliquant à certains moments pour vivre avec lui une aventure humaine.” Dans l’engrenage est aujourd’hui constitué des mêmes danseurs, qui voient l’arrivée d’une danseuse, permettant de pousser plus loin la réflexion sur les normes, le refus de plier, la révolte ou le chaos dans une organisation. “Une fois le système établi et le groupe uni, quelle est notre responsabilité dans la dérive d’une norme commune ? Pris dans l’engrenage, quelle est notre capacité à bousculer les codes, à résister à l’ordre politique, social, économique, religieux ?”

Danse sous tension

Dans cet univers de rapports de force, de manipulation et de confrontation, on se doute que la danse sera intense et très physique. “La danse du spectacle est dans une masse très solidaire, qui met sous pression cette septième personne qui la rejoint, précise Souhail Marchiche. Elle met en jeu la position du leader, qui peut perturber le système mis en place. Elle met en évidence la manière dont il interagit avec le groupe. Elle est très énergique et peut paraître violente, mais elle a aussi des temps de pause durant lesquels la musique prend le relais. Les émotions les plus palpables sont à l’évidence celles de la tension et de la pression.”

 Dyptik / Dans l’engrenage
 Mercredi 11 octobre à 19h30 et du 12 au 14 octobre à 20h30, à la Maison de la danse.
 –> Bord de scène : rencontre avec l’équipe à l’issue du spectacle jeudi 12 octobre

À venir, un Cri

En résidence à la Maison de la danse, Dyptik prépare Le Cri, une création qui verra le jour en 2018. Conçue comme le troisième volet de ce triptyque sur la révolte, elle aura la forme d’un trio qui questionnera le corps et les traces laissées à l’intérieur par nos résistances, notre urgence à nous exprimer. Elle montrera des corps laissés en champ de bataille après de vraies guerres subies, des révolutions tentées ou qui subissent les marasmes de la société.

 

 

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