Danse : Un Moi d’avant-garde aux Subsistances


Par Martine Pullara
Publié le 11/01/2018  à 11:00
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Nouvelle édition du festival “Le moi de la danse” aux Subsistances, avec toujours cette idée d’aller chercher l’audace, en présentant les chorégraphes de demain mais pas seulement. Cette édition 2018 a du bon, voire du très bon, avec notamment Thomas Lebrun et Christian Rizzo.

b.c, janvier 1545, Fontainebleau – Chorégraphie de Christian Rizzo © Marc Domage
© Marc Domage
Christian Rizzo / b.c, janvier 1545, Fontainebleau.

Comme à son habitude, le “Moi de la danse” des Subsistances est fait de spectacles, de conférences, d’ateliers, de master classes, rencontres, cours de danse minute – autour de la construction et de la singularité du geste chorégraphique, questionnant ainsi l’identité du chorégraphe. Un bal de clôture et beaucoup de surprises sont aussi annoncés.

Chemins de corps

Mille – Chorégraphie Harris Gkekas © Association Strates
© Association Strates
Harris Gkekas / Mille.

Avec Mille, Harris Gkekas explore la notion de déplacement, qu’il soit mental ou démographique, dessinant un parcours qui interroge la résistance et la transformation. Le chorégraphe utilise son corps comme une peau prête à exploser, à l’instar du serpent lors de sa mue. D’une transformation à l’autre, il éprouve le corps qui se consume pour laisser la place à la naissance d’un nouvel événement avec cette idée que c’est peut-être à partir de l’anéantissement que l’acte de création existe, démontrant qu’il n’est jamais figé.

Duo – Chorégraphie Cécile Laloy © C. Laloy
© C. Laloy
Cécile Laloy / Duo.

Cécile Laloy présente un duo lyrique et charnel élaboré à partir de La Passion selon saint Matthieu de Bach, sur une composition musicale d’Olivier Bost et Damien Grange ; un travail que la jeune chorégraphe considère comme un défi car il l’amène à creuser une écriture narrative tout en gardant la qualité de la danse qui, elle, ne doit pas être explicative. “Je peux déborder de l’histoire, dit-elle. L’histoire est un prétexte pour trouver des chemins de corps. Comme un même sentiment déployé physiquement. “Je fonds d’amour” : et si le danseur fond littéralement ? La danse en a les capacités…”

Mémoire blessée

Weaver-Quintet – Chorégraphie Alexandre Roccoli © A Short Time Effect
© A Short Time Effect
Alexandre Roccoli / Weaver-Quintet.

On retrouve dans cette édition Alexandre Roccoli, un chorégraphe qui travaille depuis plusieurs années sur le geste et la mémoire ouvrière. Dans sa nouvelle pièce, Weaver, il reprend des histoires d’ouvrières victimes de tarentulisme (un trouble nerveux qu’on attribuait à une piqûre d’araignée) ou de la maladie d’Alzheimer, deux formes de mémoire blessée. Pour la première, la maladie, devenue danse folklorique (tarantella), se fige dans une représentation édulcorée qui en altère le souvenir ; quant à la seconde, les troubles amnésiques irrémédiables qu’elle produit empêchent la transmission de tout héritage gestuel. Weaver entrelace histoire personnelle et récit collectif, légendes du passé et témoignages d’aujourd’hui, pour sceller entre eux une communauté de destin. (Aperçu en vidéo ci-dessous.)

Calligraphie

b.c, janvier 1545, Fontainebleau – Chorégraphie de Christian Rizzo © Marc Domage
© Marc Domage
Christian Rizzo / b.c, janvier 1545, Fontainebleau.

B.c, janvier 1545, Fontainebleau est une grande pièce de Christian Rizzo, écrite sur mesure pour Julie Guibert, interprète rencontrée au ballet de l’Opéra national de Lyon pour laquelle il éprouva une réelle fascination. Dans ce solo, Rizzo explore la notion de lenteur et écrit une danse à l’instar d’une œuvre calligraphique, avec un espace architectural très découpé, à la fois par la scénographie et par la lumière. Ce faisant, il questionne le regard qu’un chorégraphe porte sur une femme seule en scène et exclue du reste de la communauté. La pièce, où le noir et le blanc dominent, est envoûtante, tant du point de vue esthétique que par la présence incandescente de la danseuse. À voir et revoir !

Tous en scène

Les Rois de la piste – Chorégraphie Thomas Lebrun © Frédéric Iovino
© Frédéric Iovino
Thomas Lebrun / Les Rois de la piste.

Avec Les Rois de la piste, Thomas Lebrun s’essaye lui à une proposition chorégraphique, musicale, théâtrale et burlesque, interrogeant la séduction et la place du soi sur le plateau ou sur une piste de danse, mais aussi la notion de représentation sur une scène quelle qu’elle soit. En traversant divers courants musicaux depuis les années 1970, il se livre à une multitude de focus sur “des gens” qui les ont accompagnés, nous rappelant avec humour que sur les dance floors on peut être le roi de la piste ! À l’issue de la représentation du 3 février, les spectateurs seront invités à un bal où ils pourront, on n’en doute pas, s’amuser et s’observer sur le dance floor des Subsistances.

Le Moi de la danse – Du 11 janvier au 3 février aux Subsistances

11 au 13 janvier à 20h : Mille (H. Gkekas) et DUO (C. Laloy)
18 au 20 janvier à 20h : Weaver (A. Roccoli)
23 janvier à 19h et 24 janvier à 20h : B.c, janvier 1545, Fontainebleau (C. Rizzo)
–> Rencontre avec Christian Rizzo le 23 janvier à 20h30
30 janvier au 3 février à 20h : Les Rois de la piste (T. Lebrun)

 

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