Grôlée : chronologie d’une affaire immobilière lyonnaise


Par Guillaume Lamy
Publié le 02/03/2015  à 10:59
Réagissez

Pour bien comprendre les enjeux politiques, juridiques, immobiliers et financiers parfois nébuleux de ce qu’il est aujourd’hui coutume d’appeler le “dossier Grôlée”, rien de mieux qu’une chronologie des événements.

Local commercial de la rue Grôlée, en décembre 2014 © Camille Padilla
© Camille Padilla
Local commercial de la rue Grôlée, Lyon 2e, en décembre 2014.

1887-1894

Construction, par une société
de promotion immobilière et à l’initiative de la ville, de l’ensemble haussmannien de la rue Grôlée, “la plus parisienne des rues lyonnaises”, par les architectes Delamarre et Ferrand.
Après des péripéties et des retards dans la réalisation, l’aménageur fait faillite. En 1907, la mairie (sous Édouard Herriot), qui était déjà propriétaire de la voirie et avait en partie subventionné l’opération, achète les immeubles.
Chacun est estimé entre 45 et 60 millions de francs.

1997-2000

Raymond Barre vend plusieurs immeubles de la rue Grôlée de gré à gré pour plusieurs centaines de millions de francs.

Décembre 2004

La Ville de Lyon vend, pour 87,2 millions d’euros, 10 immeubles des rues Grôlée et Carnot à CarVal Investors, un fonds américain filiale du groupe alimentaire Cargill.

Novembre 2006

CarVal Investors revend aux Docks Lyonnais les seuls pieds d’immeuble (18 900 m2) pour 103,9 millions d’euros (droits d’enregistrement inclus). La plus-value est énorme : près de 16,7 millions d’euros, alors que le fonds américain possède encore la moitié des immeubles (24 300 m2).

Décembre 2006

Boca SARL acquiert 95 % du capital des Docks Lyonnais, via la société allemande Artemis Beteiligungs GmBh, dont elle est actionnaire majoritaire.

Septembre 2009

Début de la commercialisation des rez-de-chaussée commerciaux. C’est le groupe Shaftesbury, filiale d’une société de droit libérien basée dans les îles anglonormandes, qui en a été chargé trois ans auparavant.

Janvier 2012

– Boca SARL lance une OPA sur les Docks Lyonnais pour acquérir le reste du capital.

– Christophe Fournage et Éric Pinon sont respectivement nommés directeur général et directeur général délégué des Docks Lyonnais.

Février 2012

Arrêt brutal de la commercialisation des locaux commerciaux, à quinze jours de l’ouverture d’une boutique G-Star de 300 m2. Justification des Docks Lyonnais : la mise en place d’une nouvelle stratégie commerciale. Les négociations avancées avec Zadig & Voltaire, Scotch & Soda et American Apparel sont stoppées net.

Avril 2012

Début des procédures judiciaires. Shaftesbury porte plainte contre les Docks Lyonnais pour vol de données informatiques. Christophe Fournage est entendu en juin par la police judiciaire. Dans la foulée, ce dernier porte plainte contre Shaftesbury pour dénonciation calomnieuse (en cours d’instruction).

Octobre 2012

– Les Docks Lyonnais résilient le contrat de gestion d’actifs qui les lie à Shaftesbury Asset Management.

– Un administrateur des Docks Lyonnais porte plainte contre le président du conseil d’administration des Docks pour abus de pouvoir : le plaignant reproche au dirigeant de ne pas avoir informé les administrateurs de possibles conflits d’intérêts impliquant Éric Pinon et Christophe Fournage (en cours d’instruction).

Janvier 2013

Shaftesbury assigne les Docks Lyonnais au tribunal de commerce de Lyon pour “rupture abusive de contrat” et réclame 49,4 millions d’euros de dommages et intérêts (procès le 2 mars 2015).

Avril 2013

Les Docks Lyonnais demandent devant le tribunal de commerce 20,7 millions d’euros à Shaftesbury au titre de remboursement d’honoraires et de dommages et intérêts (procès le 2 mars 2015).

Décembre 2013

– Les Docks Lyonnais signent une convention de cession d’actifs et de prestation de services avec Firce Capital (dont le capital est détenu conjointement par Christophe Fournage et Éric Pinon, respectivement président et délégué général).

– Les Docks Lyonnais cèdent les rez-de-chaussée commerciaux au fonds souverain Abu Dhabi Investment Authority (Adia), déjà propriétaire d’une majorité de la rue de la République, pour 88,9 millions d’euros.

– Éric Pinon et Christophe Fournage démissionnent de la direction des Docks Lyonnais.

Septembre 2014

Grosse opération de communication. Firce Capital, le nouveau gestionnaire d’actifs immobiliers du quartier Grôlée, annonce l’ouverture pour le printemps 2015 du “plus grand centre commercial à ciel ouvert de la région lyonnaise”.

Mars 2015

Procès Shaftesbury/Docks Lyonnais.

 

Cette chronologie est extraite du dossier sur l’affaire Grôlée paru dans Lyon Capitale-le mensuel 740 (janvier 2015).
–> Pour aller plus loin, lire “Grôlée : bataille judiciaire autour du quartier fantôme”.

 

  • Actuellement 2.5 sur 5 étoiles
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Note : 2.5/5 (4 note(s) attribuée(s))

Merci d'avoir participé !

Vous avez déjà noté cette page, vous ne pouvez la noter qu'une fois !

Votre note a été changée, merci de votre participation !

Partagez cet article :   Twitter Facebook Google Plus email

à lire également

Vos réactions
0 commentaire

Il n'est pas possible de poster des commentaires au-delà de 60 jours après la publication de l'article.