Grève des éboueurs à Lyon : le mouvement se durcit


Par Lucie Blanchard ,  Olivier Six
Publié le 13/03/2012  à 11:12
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© Olivier Six
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La grève des éboueurs se poursuit ce mardi à Lyon. Les grévistes, 50% selon les syndicats, 33 à 42% selon la direction ont voté la poursuite de leur mouvement jusqu'à mercredi matin en assemblée générale. Ils déplorent le recours à des intérimaires par le Grand-Lyon et ont tenté de bloquer les camions qui voulaient accéder au site de l'incinérateur de Gerland ce matin (actualisé à 15h).  

Ils se sont réunis à Gerland, l'un des principaux dépôts de l'agglomération en matière de collecte et de traitement des déchets ce mardi matin à 5h30. Les éboueurs du public (500 agents du Grand Lyon) ont voté la poursuite de la grève à la majorité " 50% des éboueurs ont voté pour " estime Myriam Camussot, secrétaire générale FO du Grand-Lyon (avec des lunettes sur la photo) présente sur place. La direction de la propreté dénombre quant à elle "33 à 42% de grévistes selon les subdivisions" ce mardi. 

Huissiers sur place : "une attaque au droit de grève"

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Réunis en intersyndicale (CGT, FO, CFDT, FA/FPT, UNSA, UGICT/CGT), les syndicats ont déploré ce matin le recours à des intérimaires pour remplacer les grévistes. " La communauté urbaine a embauché des intérimaires qui sont sortis avec les camions ce matin", raconte Myriam Camussot de FO. Tandis qu'un huissier et le directeur de la propreté vérifiaient le libre accès des non-grévistes aux sites de Gerland et de Villeurbanne de 5h à 7h30, sur place, notre photographe a noté la présence d'un huissier à Gerland à 11h. Ce dernier aurait constaté le blocage d'un camion par un salarié de la propreté très remonté qui lui aurait donné son identité. Ses collègues tentant vainement de prendre sa défense.

"C'est le choix du président Collomb. Il a décidé de faire tourner le privé à la place du public. C'est une attaque au droit de grève. Nous avons saisi nos unions départementales ", s'insurge Myriam Camussot. Elle se trouvait à 9h30 sur le site de l'incinérateur de Gerland, rue Dôle, près du port Edouard Herriot ce matin, lorsque les agents grévistes ont bloqué l'accès au four empêchant les non-grévistes de vider leurs camions.

Thierry Philip montré du doigt

A la lecture des propos de Thierry Phillip, vice-président du Grand Lyon délégué à la propreté qui communique sur les salaires des éboueurs dans la presse (lire ici), les syndicats ont vu rouge ce matin : " il dit que les agents du public ne travaillent pas beaucoup, qu'ils ont de bons salaires et qu'ils n'ont pas de raisons de se plaindre. Mais les chiffres qu'il donne sont faux, les agents aimeraient bien gagner autant qu'il le dit ! Il stigmatise les fonctionnaires. Il a fait son choix en faveur du privé ", estime Myriam Camussot.

Pas de sortie de crise

Du côté des négociations, elles sont au point mort depuis hier. La réunion de lundi matin entre les syndicats et la direction de la propreté n'a rien donné. " Ils nous ont opposé une fin de non recevoir, nous expliquant qu'ils avaient déjà fait des propositions vendredi et qu'ils ne reviendraient pas dessus " lâche Myriam Camussot de FO. Les grévistes demandent toujours à conserver une partie de la collecte en régie (public) aux centres-villes de Lyon et Villeurbanne. Ils refusent que le Grand-Lyon transfère l'ensemble de la collecte au privé au centre de l'agglomération craignant une privatisation totale à terme du marché et la fin de la régie. Dans un communiqué envoyé à toutes les rédactions ce matin le Grand Lyon essaie de mettre fin à leur crainte : " en 2017, la répartition sera de nouveau modifiée et un retour de la régie sur Lyon et Villeurbanne sera possible ". En attendant, les poubelles des Lyonnais commencent à s'accumuler ... 

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