Homophobie : "Il y a une pression dans le 5e arrondissement"


Par Gregoire Nartz
Publié le 17/05/2015  à 12:45
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A l’occasion de la journée de lutte contre l’homophobie et la transphobie et de la sortie du rapport annuel de SOS Homophobie, plusieurs associations se rassemblent aujourd’hui 17 mai place Sathonay à Lyon pour sensibiliser les passants. David Souvestre, membre de la Lesbian & Gay Pride de Lyon, a répondu aux questions de Lyon Capitale.

Subissez-vous une pression sociale particulière à Lyon ?

David Souvestre : A Lyon pas plus que dans d’autres villes en France, même s’il y a des courants d’extrême droite très marqués ici. Mais la ville a été classée première ville de région gay-friendly en 2014 par le magazine Têtu. L’article portait sur la vie associative et économique.

Y a-t-il tout de même des quartiers plus difficiles à vivre que d’autres ces derniers temps ?

D.S. : Pour la Gay pride [organisée le 20 juin, ndlr], la Préfecture refuse que l’on passe dans le 5e arrondissement à cause de la pression d’extrême droite. On a changé le tracé cette année et on voulait passer dans le 5e, devant le Palais de justice, pour montrer qu’aucun quartier n’est infréquentable pour les LGBT. La Gay pride ne passera pas dans le 5e mais nous persistons : nous organisons un buffet inaugural le 12 juin au musée Gadagne pour la quinzaine des cultures LGBT. Il n’est pas normal que l’Etat sanctuarise des quartiers, même si c’est au nom de la sécurité publique.

Une question très générale : quelles sont les racines de l’homophobie en France selon vous ?

D. S. : Il y a toujours beaucoup de préjugés, notamment véhiculés à l’école. Les enfants grandissent entourés par des insultes homophobes. De plus, il n’y a pas d’égalité totale de droit entre les citoyens. Les couples hétéros ont droit à la PMA, pas les homos. Le message sous-jacent, c’est qu’on n’est pas encore capables de fonder une famille. Cela fait de nous des sous-citoyens qu’il est légitime d’insulter.

Vendredi 15 mai, le tribunal de grande instance de Nantes a reconnu la filiation de trois enfants né de GPA, en vertu du droit européen. Cela vous donne-t-il de l’espoir ?

D. S. : Les enfants ont bénéficié de l’octroi de leur passeport et d’une retransmission de filiation dans leur état civil. Ce n’est pas rassurant, c’est normal. Je trouve inquiétant que malgré les condamnations de la France par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) et les recommandations du Conseil d’Etat, la France continue de discriminer les enfants selon leur mode de conception. Il n’est pas normal que des parents aient à porter plainte pour que leurs enfants aient des papiers.

HOMOPHOBIE2015
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