Cité de la gastronomie - épisode 5 : Chevilly-Larue audacieuse


Par Alice Tourlonias et Camille Guttin
Publié le 10/09/2012  à 15:49
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SÉRIE - Lyon deviendra-t-elle officiellement la capitale mondiale de la gastronomie ? La ville du manger gras et du boire sec a, en tout cas, fait acte de candidature pour accueillir la Cité de la gastronomie, un lieu dédié à l’art culinaire de France et du monde. Mais Lyon est loin d’être la seule en lice pour accueillir cette vitrine de la gastronomie mondiale, et les 5 autres villes candidates présentent de solides dossiers. Lyon Capitale s’est penché sur les différents projets et vous propose de les découvrir dans une série d’articles, avec une question : Lyon a-t-elle ses chances ? Aujourd’hui, la ville qui fait figure d'outsider, mais qui compte bien briller parmi les grandes cités: Chevilly-Larue.

 

Chevilly-Larue n'a pas froid aux yeux. Cette petite bourgade de 20 000 habitants située au sud de Paris est candidate pour accueillir la Cité de la gastronomie. Face à elle, Versailles, Beaune, Dijon, Tours mais également Lyon sont en compétition. Forte de sa situation géographique, la petite ville semble bien décidée à ne pas se laisser impressionner par les 5 monuments de la gastronomie française.

La Cité de la Gastronomie a pour vocation d'allier exigence culturelle, approche pédagogique et développement économique. Dans cette perspective, la ville de Chevilly-Larue doit avoir l’ambition de proposer un lieu de culture et de découvertes, un centre de ressources et de formation ainsi qu’un pôle de développement économique et touristique. 

 

Accès direct au ventre de la France

Portée par la ville de Rungis et par le Conseil général du Val-de-Marne, Chevilly projette d'implanter la Cité de la gastronomie sur un quartier industriel de 10,6 hectares situé entre l'axe national 7 et l'A86, à proximité immédiate du Marché d'Intérêt National de Rungis (MIN). Le "ventre de la France" se classe comme le premier marché de gros de produits frais au monde, avec un chiffre d'affaire de 7,6 milliard d'euros, et n'attire pas moins de 30 000 véhicules par an. Comme le souligne le maire de la ville, "un argument de taille si l'on prend en compte que ses concurrentes seront forcées de venir s'y approvisionner".

Le choix de l’emplacement est d’autant plus judicieux qu’il accueillera bientôt une ligne de tramway, la station de métro "MIN Belle Épine" reliée directement à Orly, et qu'il se situe à seulement 8 minutes de Paris. De quoi faire de l'ombre à des villes comme Beaune ou Tours auxquelles il est difficile d'accéder autrement qu'en voiture ou en train.

67 OOO m² et  plus de 150 millions d'euros

Le groupement d’architectes-urbanistes F8 Architecture et Arképolis à qui a été confiée l'étude de faisabilité de la Cité a préféré opter pour un "quartier de la gastronomie". D'après Fabien Clavier, directeur des projets urbains d'EPA Orsa-Rungis, le projet s'inscrira sur 67 000 m², partagés entre différents bâtiments, dont 10 000 m² réservés aux jardins.

Le montant global des travaux d'aménagement, estimé à plus de 150 millions d'euros, est d’ores et déjà soutenu par de nombreux partenaires privés et publics. Parmi eux, le Grand Paris, l’EPA Orsa-Rungis (Établissement public d’aménagement ), la Préfecture de Région, la Semmaris (société gestionnaire du MIN), l’Ador (Association pour le développement économique d’Orly-Rungis), de multiples villes, la Chambre de commerce et d’industrie de Paris Val-de-Marne, et le Comité départemental du tourisme.

 

Le Grand Paris :un soutien de taille

Malgré l'absence d'un réel patrimoine gastronomique régional, le projet semble répondre en tous points aux exigences de la Mission Française des patrimoines et cultures alimentaires. L'aspect "partage et transmission" de ces cultures figure en tête du cahier des charges. Or, Anne Pétillot, directrice de la stratégie territoriale de l'EPA Orly-Rungis insiste, "nous avons les moyens d'offrir à tout un chacun la possibilité de s'ouvrir à la qualité du repas français".

Chevilly profitera du soutien du grand Paris pour, "multiplier les collaborations avec des chefs étoilés du monde entier", note-t-elle. Les responsables du projet évoquent déjà de nombreux échanges intéressants mais refusent de dévoiler les noms. Ils mentionnent également des projets de formation en collaboration avec des étudiants de grandes écoles de cuisine parisiennes. D'après Anne Pétillot et Fabien Clavier, le projet du quartier gastronomique de Chevilly-Larue sera mené à son terme même si le titre de Cité de la gastronomie ne lui était pas attribué. Ils préfèrent donc parler de "complémentarité" , vis à vis des autres projets, plus que de "concurrence".

La Mission Française du patrimoine et cultures alimentaires se prononcera sur ses points le 15 octobre, avant d’envisager de poursuivre les études d’implantation dès l’automne prochain.

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Vos réactions
1 commentaire

à priori inoffensif, cet autre projet a bien des atouts ! Du coup le poids de la candidature de Lyon devient au fil de vos articles tout relatif…

Signaler un abus | le 11/09/2012  à 11:42 | Posté par  FOurs  

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