Cité de la gastronomie : Gérard Collomb entre provoc et intox


Par Steven Belfils et Fabien Fournier en direct du Grand Lyon
Publié le 14/01/2013  à 18:35
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Alors qu’on pensait que Gérard Collomb digérait doucement la défaite de Lyon pour accueillir la Cité de la gastronomie, le maire se fait de plus en plus offensif sur le sujet. Au Grand Lyon ce lundi après-midi, il a pris ses distances avec le label semblant ne pas vouloir candidater à nouveau. Il continue de vanter le projet lyonnais "sur 15 000 m²". Des chiffres que la commission pour la Cité de la gastronomie récuse.
> Mis à jour à 23h30

Pourquoi Lyon n’a pas été sélectionnée pour accueillir la Cité de la gastronomie ? "Je ne l’ai pas compris". Cette réponse lapidaire est celle de Gérard Collomb. Lors de sa conférence précédant le conseil communautaire, le président de la communauté urbaine est revenu sur l’éviction de Lyon au titre de Cité de la gastronomie. Un ticket "Tours-Rungis-Dijon" a été préféré à la capitale mondiale de la gastronomie qui n’est pour autant "pas exclue du dispositif" et pourra retenter sa chance pour intégrer un "réseau des Cités". Gérard Collomb qui avait semblé accuser tant bien que mal le coup vendredi soir, se montre plus offensif depuis. Samedi dans l’émission La Voix est libre sur France 3, il avait jugé cette décision "scandaleuse et insultante pour les Lyonnais". En séance publique ce lundi, il l'a estimée "incompréhensible et dénuée de tout fondement". L'heure n'est pas à l'introspection ou l'autocritique.

Le palais de justice, une chambre de bonne?

Il joue désormais la provoc. "On va continuer avec Eiffage et le public international jugera qui est la vraie capitale de la gastronomie", a-t-il plastronné. Il a rappelé que l'agglomération accueillera très prochainement le Sirha, le salon dédié aux professionnels de la gastronomie. "On attend 180 000 personnes dont 25% d'étrangers, et 1700 chefs", s'est-il enorgueilli. Il n'a même pas été gêné de rappeler que Lyon avait candidaté en vain au titre de capitale européenne de la culture, que Marseille lui a chipé. A cette époque, a-t-il affirmé, ce titre devait servir de booster à la Confluence, alors "en friches". Finalement, la Cité des Gaules avait perdu, mais avait très bien réussi à développer toute seule son nouveau quartier. Comprendre : il en ira de même avec l'Hôtel-Dieu.

Le maire de Lyon ne semble même pas enclin à intégrer le réseau des Cités de la gastronomie, prenant des distances avec le label. "S’ils ont envie de nous classer, ils nous classeront. Mais je ne vais pas rajouter des m². Il faut être sérieux !", a-t-il affirmé. La surface, c’est un des principaux reproches de la commission de la Mission française du patrimoine et des cultures alimentaires qui jugeait que la Cité de la gastronomie était sous-dimensionnée au regard du projet du Grand Hôtel-Dieu.

"J’ai compris que monsieur Pitte [président de la MFPCA – NDLR], estimait qu’on bradait la Cité de la gastronomie et qu’on la plaçait dans une ‘chambre de bonne’. La Cité de la gastronomie fait 15 000 m². Ce matin j’étais au palais de justice, qui fait 11 000 m². Alors si le palais de justice est une chambre de bonne…", fulmine l'édile. Plus tard, en séance publique, il épinglera encore monsieur Pitte. "L'Hôtel-Dieu une chambre de bonne ? On n'a pas la même conception du patrimoine. 15 000 m2 une chambre de bonne ? On ne doit pas avoir les mêmes appartements".

Collomb joue sur les chiffres

Mais Voilà, si Gérard Collomb annonce 15 000 m² dédiés à la Cité de la gastronomie, ce n’est pas la superficie que la commission a retenue. "Le projet Lyonnais affichait effectivement 15 000 m², mais en incluant le centre de conférence et de congrès. Or la gestion de cette partie congrès revenait à l’opérateur en charge de la gestion de l’hôtel et pas aux administrateurs de la Cité de la gastronomie. Il ne nous a donc pas paru pertinent de le compter dans la surface de la Cité étant donné qu’elle ne lui était pas entièrement affectée", précise Pierre Sanner, secrétaire général de la commission qui a évalué les candidatures, et directeur de la MFPCA.  Et de compléter : "Nous avons recensé 3500 m² purement dédiés à la Cité de la gastronomie. Soit moins de 10% de la surface totale du bâtiment".

Les conclusions de la commission pour chaque ville candidate sont à lire ici.

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Vos réactions
2 commentaires

On entre dans la période solde du Modèle Lyonnais.

Signaler un abus | le 15/01/2013  à 12:54 | Posté par  Battling  

Oui en effet il y a pleins de bonnes occasions en cette période de soldes à faire mais pas au sein de la chambre de bonne de l'Hôtel-Dieu de notre maire de Lyon!

Signaler un abus | le 15/01/2013  à 13:43 | Posté par  lyonnais  

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