Les protagonistes de l'affaire Neyret


Par Lucie Blanchard
Publié le 07/10/2011  à 13:30
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Dans le sillage de l'affaire Neyret, l'ancien numéro 2 de la police judiciaire lyonnaise, mis en examen le 3 octobre pour trafic de stupéfiants et corruption notamment, neuf autres personnes sont inquiétées par la justice. Revue de détails.

L'épouse de Neyret

Nicole Marcellin-Neyret (photo ci-contre), âgée de 62 ans a été arrêtée jeudi 29 septembre, en même temps que son mari. Placée en garde à vue, mise en examen, le 1er octobre, pour "trafic d'influence, recel de corruption et association de malfaiteurs", elle a été laissée libre sous contrôle judiciaire jusqu'au procès. Fille de musicien, elle tient un hôtel familial dans la campagne autour de Vienne (Isère) et possède plusieurs comptes en suisse, mis en évidence par le procureur de Genève.

Les "amis" de Neyret

C'est par lui que tout a commencé : Gilles Tépié, trafiquant de drogue martiniquais de 38 ans parvient miraculeusement à échapper à la brigade des stups de Paris en novembre 2010. Alors que ceux-ci viennent de saisir 111 kilos de cocaïne dans un appartement de Neuilly-sur-Seine et qu'ils s'apprêtent à l'arrêter, il leur file entre les doigts. Les enquêteurs soupçonnent Michel Neyret de lui avoir fourni des informations sur l'heure et le lieu du coup de filet. Selon nos informations, des écoutes policières font état de conversations entre lui et Michel Neyret. Mis en examen le 3 octobre dans cette affaire, Gilles Tépié se trouverait actuellement dans une prison au Venezuela. En France, il a été condamné à une peine de quinze ans de prison en 2008 pour avoir participé à un meurtre en 2000.

Les deux cousins Bénichou et Alzraa. Deux Lyonnais, proches du milieu du grand banditisme selon certaines sources. Stéphane Alzraa, 31 ans, est soupçonné d'avoir mis à disposition du commissaire Neyret des moyens logistiques ainsi que de grosses cylindrées et une villa lorsque celui-ci travaillait à Nice entre 2004 et 2007. En échange, le commissaire est suspecté de lui avoir fourni des informations sur des enquêtes en cours. Stéphane Alzraa a été arrêté jeudi 29 septembre à Cannes. Mis en examen le lundi suivant pour corruption, trafic d'influence et recel de secret professionnel notamment, il a été écroué en attente de jugement.

gilles-benichou ()

Son cousin, Gilles Bénichou (photo ci-contre) est présenté comme une figure de la nuit lyonnaise. Il a été arrêté, mis en examen et écroué, le 1er octobre, pour "corruption et trafic d'influence sur personne dépositaire de l'autorité publique". Il aurait offert un voyage au Maroc à Michel Neyret et son épouse en échange d'informations. Michel Neyret aurait reconnu des liens d'amitié avec lui.

Enfin Michel Zaragoza, 49 ans, ancien braqueur reconverti dans le commerce de voitures a été placé en garde à vue et mis en examen pour "trafic de stupéfiants, blanchiment et association de malfaiteurs" dans le cadre de l'affaire Neyret. Il a été laissé libre sous contrôle judiciaire en raison de sa santé fragile. Zaragoza a été aperçu à de nombreuses reprises en compagnie du n°2 de la PJ. Selon nos informations, il semble qu'en dépit de son lourd passé judiciaire, sa fiche ait été supprimée du fichier Canonge de la Police, un fichier censé renseigner les policiers sur les voyous, peut-être grâce à Michel Neyret.

A noter enfin que les Gilles Bénichou, Stéphane Alzraa et Michel Zaragoza ont participé au tournage du film d'Olivier Marchal, "Les Lyonnais", tourné à l'été et à l'automne 2010 en compagnie de Michel Neyret qui conseillait le réalisateur. L'expérience aurait encore renforcé leur amitié. Mais aucun n'était a priori fiché, selon Le Point, comme informateur au Bureau central des sources (BCS). Ce service qui dépend du Service interministériel d'assistance technique (SIAT), émanation de la loi de 2004, permet d'encadrer la rémunération des indicateurs. Il aurait bien reçu des demandes de rémunération pour des "tontons" du numéro deux de la PJ lyonnaise. Mais pas pour Gilles Bénichou, Stéphane Alzraa et Michel Zaragoza. 

Les confrères de Neyret

Le commissaire Christophe Gavat (photo ci-contre), chef de l'antenne de Grenoble de la DIPJ de Lyon. Mis en examen le 4 octobre pour  "association de malfaiteurs, détournement de scellés, vol en réunion et trafic de stupéfiants", Christophe Gavat est soupçonné d'avoir prélevé sur une saisie de la résine de cannabis pour rémunérer un indicateur. Michel Neyret le lui aurait demandé et le commissaire se serait engagé à le faire selon les écoutes de l'IGS. Mais Gavat nie avoir exécuté les ordres de son chef. Placé sous contrôle judiciaire, tout comme son adjoint le commandant Gilles Guillotin, il a été laissé libre sous contrôle judiciaire en attente de son procès. Les deux hommes ont été suspendus de leurs fonctions par la direction générale de la police nationale.

Enfin le commissaire Aymeric Saudubray, chef de la brigade antigang de Lyon, a été suspendu de ses fonctions, vendredi 30 septembre, ainsi qu'un membre de la brigade des stupéfiants de Lyon. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer leur métier. Tout comme Gavat et Guillotin, ils sont soupçonné par l'IGS d'avoir été complices de leur patron. La justice tranchera.

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