Lyon : ambiance pesante pour la visite d'un Pôle Emploi par M.Pénicaud


Par Romain Mahdoud
Publié le 05/08/2017  à 14:55
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La ministre du Travail s'est rendue ce vendredi matin à l'agence Pôle Emploi de la Part-Dieu, une des huit agences participant au dispositif "l'Agence Pôle emploi de demain". L'occasion pour elle de visiter les lieux et de revenir sur la réforme du Code du travail, dont la loi d'habilitation a été votée par le Parlement le 2 août.

Pole Emploi - AFP
Philippe Huguen/AFP

À son arrivée ce vendredi matin autour de 10h, Muriel Pénicaud a eu droit à un comité d'accueil particulier. À peine sortie de sa voiture banalisée et entourée de ses gardes du corps, elle entend les slogans d'une dizaine de manifestants membre du comité CGT "privés d'emplois et précaires", venus protester contre la dégradation des conditions de vie des chômeurs. Ignorés par la ministre, ils resteront une bonne partie de la matinée dehors à attendre dans la chaleur de l'été lyonnais, sous la surveillance des forces de l'ordre.

Une visite sous le signe du numérique

Pas de quoi ébranler la ministre qui commence alors la visite. Le directeur adjoint de l'agence, Florent Guérin, lui explique les particularités du lieu : "on a plusieurs employés en service civique, et puis ici l'objectif c'est le retour à l'emploi qui est la priorité, on établit un entretien de diagnostic dans les quatre semaines". Le discours est attrayant et bien rodé. L'efficacité des procédures et le meilleur fonctionnement de l'agence sont mis en avant. Des éléments de langage non conforme à la réalité pour une demandeuse d'emploi, qui s'était glissée dans le groupe et qui a aussitôt répondu au directeur adjoint : "moi on m'a mis au service informatique et j'ai été radié juste parce que j'avais raté un rendez-vous ! Et puis concernant les annonces d'emploi, elles sont souvent périmées." Après plusieurs promesses faites à l'intéressée de revoir son dossier, la déambulation du groupe dans les locaux s'est poursuivie dans une ambiance pesante. Pendant plus d'une heure et demie, la ministre a alterné les discussions avec conseillers et demandeurs d'emploi, ces dernières étant interdites aux journalistes.

Quelques personnalités politiques locales étaient présentes lors de la réunion dans l'espace-détente de l'agence. Le sénateur LR du Rhône Michel Forissier, la seconde vice-présidente à la Métropole Fouziya Bouzerda ou encore Anne Brugnera, conseillère à la Métropole et députée LREM, ont pu échangé avec la ministre, en compagnie de responsables de Pôle Emploi. La ministre du Travail a ainsi affirmé que "la clé pour l'emploi c'est l'accompagnement et la formation", mettant l'accent sur "la nécessité d'améliorer l'intermédiation, en mettant plus directement en relation les demandeurs d'emploi et les entreprises". Une solution "permise par le numérique, qui permet d'atténuer considérablement les lourdeurs administratives".

La loi Travail approche à grands pas

La visite s'est conclue sur une conférence de presse, où Muriel Pénicaud s'est attardée sur le calendrier et les enjeux de la réforme du Code du travail. Ainsi, la ministre ne semble pas s'inquiéter de la saisine du Conseil Constitutionnel par l'opposition. Bien au contraire, pour elle "l'opposition a le droit de déposer les recours qu'elle veut et le Conseil les examinera". Et de réaffirmer "la dynamique confortée par le vote du projet de loi à l'Assemblée nationale, à 421 voix contre 74." Les ordonnances seront rendues publiques le 31 août, et devront passer par le Conseil des ministres avant d'être ratifiées par le Parlement.

Une rentrée qui promet pourtant d'être mouvementée, entre les affaires qui pèsent sur la ministre et les mobilisations prévues par les syndicats et la France Insoumise, qui a appelé à un rassemblement populaire pour le 23 septembre.

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