Pub sur les trottoirs : Lyon et la métropole se renvoient dos à dos


Par Justin Boche et Florent Deligia
Publié le 30/01/2018  à 16:20
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Après les déclarations de Georges Képénékian qui a affirmé ce lundi soir que l’expérimentation des publicités éphémères sur les trottoirs était suspendue, la ville de Lyon a fait machine arrière préférant laisser à la métropole le soin de trancher la question. 

Un marquage au sol fait par la société Biodegrad
© Tim Douet
Un marquage au sol fait par la société Biodegrad

Les mots du maire de Lyon ont-ils dépassé sa pensée ? Comme nous l'écrivions ce matin, Georges Képénékian a déclaré lundi lors du conseil municipal : "Il y avait l’idée qu’il y ait un travail expérimental (sur la publicité éphémère). Nous le suspendons pour le moment au gré des réflexions qui sont en cours". Une suspension de l'expérimentation finalement contestée par la ville elle-même qui a précisé qu'il s'agit plutôt "d’une suspension provisoire" dans le cadre "d’une concertation plus large sur le nouveau règlement local de publicité (RLP) piloté par la Métropole". "Visiblement les Velo'v fonctionnent aussi en rétropédalage", a ironisé un membre du collectif Plein la vue qui s'était félicité de l'annonce initiale de la municipalité. En off, des sources proches du dossier évoquent une erreur dans le choix des mots du maire de Lyon. 

"Il n'y a pas de changement de cap"

S'il n'a finalement voulu prendre parti, Georges Képénékian a repassé la main sur ce dossier des publicités éphémères à la métropole qui aura la responsabilité de prendre la décision finale dans le prochain RLP dont la concertation va débuter. Une métropole qui au moment des premières critiques sur le sujet avait elle aussi décidé de ne pas trancher en donnant aux communes le choix de le faire à sa place. "Il n'y a pas de changement de cap. Il va falloir attendre le RLP qui doit être prêt en 2020. Il s'appliquera à toute les communes de la métropole. Concernant les publicités éphémères, David Kimelfeld a dit qu'il laisserait le choix aux villes sans forcer personne. Actuellement e maire n'a pas encore fait son choix donc il n'y aura pas de publicité au sol jusqu'à nouvel ordre",a confié la métropole. "Il est hors de question que la métropole impose une expérimentation aux communes. Certaines d'entre elles ont fait part de leur refus, je sais que Lyon se questionne encore", avait confié David Kimelfeld dans le dernier mensuel de Lyon Capitale (N°774). Le président de la métropole ne s'est d'ailleurs pas dit "adversaire de la publicité", mais ne voit "pas bien ce que la publicité au sol pourrait apporter à part surcharger un environnement qui l'est déjà bien". 

"Tout cela risque de se terminer par une gueulante de Gérard Collomb"

À Villeurbanne, Jean-Paul Bret avait lui aussi critiqué cette mesure "prise sans concertation" qui faisait "entrer l’espace public dans le champ d’une approche uniquement mercantile". À Nantes et Bordeaux, les deux villes ont très rapidement adressé une fin de non-recevoir au Gouvernement qui les a sorties de l’expérimentation. Mais à Lyon, la patte du ministre de l'Intérieur, à l'origine de la proposition, a une portée autrement plus contraignante pour les élus locaux. Si la mesure dérange sur le fond la majorité à la ville et à la métropole, difficile pour elles de l'exprimer publiquement. "Ils doivent en avoir marre à Paris des lois promulguées spécifiquement pour Lyon", a commenté Denis Broliquier à l’origine de la question lors du dernier conseil municipal. Ce dernier s'est d'ailleurs dit "agréablement surpris" par la réponse initiale de Georges Képénékian. "Je pensais qu'il allait être plus embêté que ça au vu du rôle de Gérard Collomb", a ajouté le maire du 2e arrondissement. "Tout cela risque de se terminer par une gueulante de Gérard Collomb, qui a cosigné le décret et qui ne va certainement pas se dédire ainsi", a abondé dans le même sens un collaborateur avec le sourire. 

Une question d’avocats ?

Dans tous les cas, la publicité au sol pourrait néanmoins revenir dans les discussions sur ce RLP qu'on annonce déjà chargées. Elles devront valider l'arrivée des panneaux publicitaires numériques, condition sine qua non pour l'obtention des Vélo'v à assistance électrique du côté de chez JCDecaux. Pour ce RLP, la métropole de Lyon est conseillée par le même cabinet d'avocat qui a aidé la start-up lyonnaise Biodegrad à obtenir l'expérimentation de la publicité au sol. David Kimelfeld coupe court, “Il n’y a aucun conflit d’intérêts.” Tout comme les origines métropolitaines de la start-up “ne doivent pas pour autant imposer une expérimentation”. Dans ce jeu où tout le monde se refile la patate chaude, personne ne veut prendre le risque politique d'imposer une nouvelle forme de publicité, ni signer la mort d'une pépite locale.

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Vos réactions
1 commentaire

On va rigoler ces prochaines semaines, voire ces prochains jours.
On attend le recadrage de Gégé, ou bien un savant contournement.

Signaler un abus | le 30/01/2018  à 22:19 | Posté par  Gilles  
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