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samedi 25 octobre 2014

Maison de la Veille Sociale : gadget ou véritable nécessité ?


Par Dalya Daoud
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Publié le 06/01/2009  à 13:24
9 réactions

Maison de la Veille Sociale : gadget ou véritable nécessité ?

Cet été, Lyon Capitale révélait le projet de la création d'une Maison de la Veille Sociale.

Ouverte il y a quelques jours, elle suscite déjà quelques critiques, qualifiée de 'gadget' par des associations. Et si, en effet, ce nouveau dispositif ne fera pas sortir de terre davantage de logements sociaux, pas plus qu'il ne poussera les murs des centres d'hébergement d'urgence, il propose de gérer plus intelligemment ce qui existe déjà. 'Il était temps', nous confiait Sandrine Runel. Retour sur les intentions de la plus jeune élue (PS) au conseil général du Rhône, et directrice régionale de la Fnars (Fédération nationale des associations de réinsertion sociale), qui nous expliquait avec conviction les arcanes du projet.

Lyon Capitale : Vous avez participé à l'ouverture d'une 'maison de la veille sociale' rassemblant toutes les associations et organismes liés au logement social. De quoi s'agit-il exactement ?

Sandrine Runel : Ce sera un lieu de coordination de l'ensemble de l'offre d'hébergement, dans toutes ses étapes, de l'urgence jusqu'à l'accès au logement autonome. Avec le Dalo, (droit au logement opposable, en vigueur depuis le 1er janvier 2008, NDLR), une personne qui entre dans une structure d'hébergement ne devrait plus se retrouver dans la rue. Mais dans les faits cela ne se passe pas toujours comme ça, car il y a un problème de places et qu'il faut une rotation dans les centres d'hébergement. L'idée est donc d'organiser un lieu d'accueil et de régulation. Mais le problème fondamental n'est pas réglé: le manque de places dans les centres d'accueil d'urgence et, en bout de chaîne, de logements sociaux, est toujours là. Le problème n'est pas tant le nombre de places dans les centres que leur mauvaise gestion. Là où le projet est innovant, c'est qu'il propose un accueil unifié, afin de ne plus faire subir le parcours du combattant aux personnes qui font appel à l'hébergement d'urgence. Ils passent parfois par deux entretiens, et sont baladés d'un centre à l'autre. Là, on aura toutes les places disponibles sous les yeux, grâce à un système d'informations qui devrait devenir régional. Il était temps! Cela existe déjà en Isère, en Savoie et dans la Loire mais, jusqu'alors, pas dans le Rhône. On a longtemps fait du bricolage. Cette fois on réalisera un diagnostic puis une orientation adaptée auprès des personnes qui en ont besoin. Cela va faciliter les saisies de recours en hébergement, et désengorger la commission de médiation, à la préfecture.

Et la mutualisation des moyens des associations lyonnaises ne risque-t-elle pas de faire disparaître certaines d'entre elles ?
Je ne vais pas vous dire que les réunir toutes a été facile. Mais après maintes discussions, nous avons obtenu un engagement signé de tous les travailleurs sociaux. La maison de la veille sociale ne sera pas vraiment une nouvelle structure car elle est fondée sur des choses qui existent déjà. Chaque association enverra l'un de ses travailleurs sociaux pour faire une permanence sur place, à tour de rôle.

Et comment gérer, au bout de toute cette chaîne qui devrait donc ne plus gripper, le logement dit 'autonome' pour les personnes qui peuvent enfin l'intégrer ?

Beaucoup de ces gens restent dans les centres d'hébergement alors qu'ils pourraient très bien vivre enfin dans leur propre appartement. Le but est donc que les bailleurs sociaux jouent le jeu, que ce dispositif soit une garantie pour eux et qu'ils aient enfin confiance dans les gens qui ont eu ces parcours et les prennent enfin comme locataires.

Le fait que vous soyez élue au Conseil Général a-t-il facilité les choses ?

Je ne crois pas, non. Le projet a été lancé avant que je n'arrive au Conseil Général. Je travaille sur ce dossier dans le cadre de mes fonctions à la Fnars, avec la ville de Lyon, le département, la Ddass et les structures comme l'Adoma (anciennement Sonacotra).

Où se trouve cette maison de la veille sociale ?

La Ville de Lyon s'est engagée dans le projet en mettant à notre disposition les locaux de la MUSE (Maison de l'urgence sociale et de l'entraide), dans le 3è, et trois employés à temps plein, pour faire de l'administratif et du secrétariat.


Vos réactions
9 commentaires

il est vrai que le dispositif simplifiera bien des choses pour des personnes parfois un peu perdues et qui ont besoin de secours rapide.

Signaler un abus | le 06/01/2009  à 14:13 | Posté par  romain blachier  

Encore une usine à gaz de plus; un truc médiatique qui ne résout rien pour les malheureux mais permet certainement de trouver quelques postes pour certains....

Signaler un abus | le 06/01/2009  à 15:45 | Posté par  Jean-Louis  

Monsieur Blachier arrêtez d'intervenir à tout propos pour vanter la politique de la mairie actuelle. Cela devient dérisoire !
Pour le reste je suis d'accord avec jean-Louis.
Y'en a un peu marre des mesures bidons!

Signaler un abus | le 06/01/2009  à 15:48 | Posté par  Isabelle  

On a l'exemple un peu plus ancien, dans la même veine, de la Maison de l'éducation. Ces structures sont des relais politiques municipaux. Même si la mairie finance entièrement ces structures, elles permettent aux militants d'être plus actifs, de faire des liens entre les partis, les syndicats, les collectivités publiques et les associations d'obédience municipales. La maison de l'éducation permet par exemple la coordination de l'action anti-Darcos. C'est donc à la fois un gadget couteux et une nécessité politique.

Signaler un abus | le 06/01/2009  à 16:33 | Posté par  jerome manin  

@Isabelle. Prenez le temps d'aller sur le Blog de Romain Blachier, c'est un mec bien. Certes, il est plus Collombiste que Collomb mais il apporte à la mairie par sa constance une cohérence qui certes nous échappe... Mais Gérard Collomb n'a-t-il pas été élu et Romain Blachier avec.

Signaler un abus | le 06/01/2009  à 16:39 | Posté par  jerome manin  

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