Politique, Twitter, Beaujolais : Bernard Pivot est dans L’Autre Direct


Par Justin Boche, Elise Anne
Publié le 16/06/2017  à 17:08
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Bernard Pivot était à la Fnac Bellecour ce jeudi pour présenter son livre "La mémoire n'en fait qu'à sa tête". L’occasion de rencontrer ce journaliste, membre de l'académie Goucourt, comédien et amoureux des mots. 

Bernard Pivot, à Lyon, en juin 2017 © Tim Douet
© Tim Douet
Bernard Pivot, à Lyon, en juin 2017.

Lyon Capitale : Vous êtes un amoureux des mots… En cette période d’élections, le fait que certains soient “privatisés” – marche, marcheur, républicain – vous dérange-t-il ?

Bernard Pivot : On peut être “en marche” et républicain en même temps. Cela ne me gêne pas, parce que ça a toujours été comme ça. Il y a des mots qui d’un seul coup “font le buzz”, des mots porteurs et d’autres qui disparaissent. (…) les mots ont souvent une période d’effervescence puis disparaissent.

Le fait que la communication simplifie une idée par un mot ne gêne pas l’esprit critique ?

Oui, mais si l’on prend le mot marcher : “marcher” n’était pas un concept très original. Mais c’est porteur, ça donne l’impression de dynamisme, d’avancer, même si on peut marcher en arrière. Ce mot a trouvé son public, même un très très large public au vu du résultat des élections. Je trouve que c’est bien que certains mots s’imposent par rapport aux autres.

On voulait vous parler de philosophie, mais vous nous avez dit que c’était un domaine dans lequel vous n’aviez pas spécialement de compétence. Vous avez ajouté que vous aimeriez voir une personnalité politique dire “je ne sais pas” sur un sujet.

Je suis un adepte du principe de Peter – dans toute hiérarchie à un moment on atteint son niveau d’incompétence. Il n’y a qu’à voir dans le domaine politique ou dans l’administration, les exemples foisonnent. Le principe de Peter est un livre drôle, mais aussi sérieux et je me suis toujours appliqué ce principe. (…) J’ai refusé le journal de 20h parce que je n’avais pas les compétences politiques pour ce poste. Je préférais rester dans une émission littéraire qui était plus à ma portée. Ce principe, je l’applique quand on m’invite à un débat radio ou à la télévision. Parfois, je dis non parce que je dirais des banalités. La notoriété n’est pas un brevet d’omniscience. (…)

Quel plaisir trouvez-vous à tweeter ?

Simplement à faire court. Twitter est une école de la concision.

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Bernard Pivot dans la vidéo ci-dessous.

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