Grève de rentrée : la crise couve toujours dans le Rhône


Par Claire Chabal
Publié le 06/09/2017  à 09:43
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Si les enseignants sont retournés mardi dans les écoles du Rhône où la mise en œuvre de la réforme des “CP à 12” dans les réseaux d’éducation prioritaire renforcée (REP+) passe mal, c’est uniquement pour les familles.

Élèves de primaire dans le réseau REP+ du Rhône
©Charlotte Santana
Élèves de primaire dans le réseau REP+ du Rhône

Dans le département du Rhône, dix-neuf écoles sont restées portes closes ce lundi, à Vaulx-en-Velin, Vénissieux et Bron. En cause, la mise en place de la réforme du dédoublement des classes de cours préparatoire (CP) dans les réseaux d’éducation prioritaire renforcée (REP+). “Cette mesure est une belle chance pour les élèves concernés, précise Elsa Guillaume, secrétaire départementale adjointe du SNUipp-FSU (premier syndicat enseignant du premier degré) du Rhône. Mais tous les effectifs ont été recalculés sans les CP, donc cela a créé des classes surchargées du CE1 au CM2.” Mardi, les enseignants en grève sont retournés à leur poste, "pour les familles", mais leurs craintes n'ont pas été apaisées. Comme Elsa Guillaume, ils déplorent le peu de créations de postes pour mettre en œuvre cette réforme. “Ils ont redéployé des postes du dispositif “plus de maîtres que de classes” pour les CP, explique-t-elle. C’était un enseignant supplémentaire sans classe attitrée qui tournait dans toutes les classes de l’école pour mettre en place des projets innovants.”

CE2, CM1, CM2, parents pauvres de l’éducation prioritaire”

Après avoir reçu une délégation de représentants des grévistes lundi soir, l’inspecteur d’académie Guy Charlot a pourtant affirmé le contraire. Pour lui, le dispositif "plus de maîtres que de classes" est maintenu, mais de manière différente. Il indique que les enseignants de CP en REP+ pourront utiliser 25% de leur temps pour réaliser du coenseignement sur d’autres niveaux.

Pour Elsa Guillaume, sur le terrain, la mesure est difficilement applicable. “Dans l’école où j’enseigne, à Vaulx-en-Velin, qui comprend 17 classes, deux enseignants de CP vont pouvoir se dégager trois après-midi par semaine pour tourner sur d’autres classes. Cela risque de faire quand même du saupoudrage.” Et d’ajouter que les directives de l’inspecteur d’académie sur cette question concernent en priorité les grandes sections de maternelle et les CE1. "Les CE2, CM1, CM2 risquent de ne plus avoir de possibilités avec cet enseignant supplémentaire, regrette la représentante syndicale. Ces niveaux restent donc le parent pauvre de l’éducation prioritaire pour l’instant.”

Durant le point presse organisé en urgence au soir de la rentrée, l’inspecteur d’académie a aussi insisté sur les “efforts réalisés” concernant les réseaux d’éducation prioritaire renforcée. Il rappelle que neuf postes supplémentaires ont été créés en juin pour les REP+, lors de la mise en place de la carte scolaire. Et de souligner que la mise en œuvre du dispositif des “CP à 12” dans le Rhône lui a “coûté 149 postes”.

Guy Charlot assure qu’il rencontrera les équipes pédagogiques à partir de la semaine prochaine, mais dans tout le département. “Depuis mon arrivée, j’ai pratiquement consacré plus de temps aux REP+ qu’aux autres territoires. Il faut donc que j’essaie de consacrer du temps à tout le département. C’est aussi cela l’école publique, elle s’intéresse à tous les élèves sans exception.” Du côté des enseignants de Vaulx-en-Velin, Vénissieux et Bron, pas de nouvelle grève prévue, mais une assemblée générale départementale aura lieu le 20 septembre.

 

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