Assises internationales du roman: le pouvoir de Powers


Par Kevin Muscat
Publié le 27/05/2013  à 08:56
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Une semaine de lectures ! Ecouter ce que les écrivains ont à dire du monde d'aujourd'hui, les écouter lire, les écouter redonner la parole à d'autres écritures. Les 7es Assises internationales du roman nous y invitent à partir d'aujourd'hui, et Lyon Capitale se fait pour l'occasion galerie d'auteurs. Premier chapitre, en compagnie de Richard Powers.

Richard Powers © John Foley/Opale
Richard Powers © J.Foley/Opale

Pour Richard Powers, la science est un art, et l’art une forme de science. Les deux le passionnent, alors chez lui, dans ses romans, ils ne font plus qu’un. Tout a commencé avec une photo aperçue dans un musée, signée August Sander, qui donna naissance à Trois fermiers s’en vont au bal (éd. 10/18), son premier roman, paru en France en 2004. Il s’agissait pour ce diplômé en physique et en arts de l’Illinois de raconter l’histoire derrière la photo, et l’histoire derrière l’histoire. Au final : un roman à narration multiple qui deviendra la signature de l’écrivain. Car, avec Powers, c’est justement toujours un peu la même histoire. Comprendre ce qu’il y a derrière : ce qui de nos petites vies individuelles dépend de la grande marche du monde, de ses avancées technologiques, scientifiques, commerciales, artistiques. Et comment, dans un mouvement de balancier, nos destins personnels participent de cette avancée. Le tout étant inextricablement enchevêtré.

La littérature comme connexion

Son dernier roman paru en France, Gains (éd. Le Cherche-Midi), s’il date en réalité de 1998, est à cet égard particulièrement parlant, qui décrit en parallèle l’extraordinaire essor de Clare de ce qui n’est au départ qu’une entreprise de savon et le destin de Laura, mère de famille atteinte d’un cancer des ovaires. Deux histoires parallèles qui, si l’on en croit les lois mathématiques, devraient être amenées à ne jamais se croiser. Et pourtant… Pour cet auteur à l’érudition foisonnante, tout est système et chaque chose en ce bas monde est connectée à ce qui l’entoure. La société nous façonnant de la même manière que nous la façonnons. Histoire d’œuf et de poule, en quelque sorte. Le meilleur moyen d’avoir un quelconque contrôle sur ce qui peut nous échapper étant encore de s’octroyer le pouvoir, à la manière d’un Richard Powers, de tirer les ficelles de ses propres récits.

Les Assises invitent Richard Powers à débattre avec le philosophe français Bruno Latour, auteur d'une Enquête sur les modes d'existence (éd. La Découverte).

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Rencontre avec Richard Powers. Mardi 28 mai, à 15h, à la médiathèque du 8e, 2 place du 11-novembre-1918.

Quand science et littérature inventent ensemble des récits – Bruno Latour et Richard Powers. Mardi 28 mai, à 21h, aux Subsistances, 8 bis quai Saint-Vincent, Lyon 1er.

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